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La Vie
Avant de poursuivre plus en avant mon développement sur l’importance de la vie aux yeux des païens, je voudrais vous faire part d’une phrase que mon regretté maître avait prononcée un jour et qui m’est depuis resté gravée à jamais dans mon esprit. J’avais demandé à Guthrif « Qu’est ce que le Paganisme exactement ? » et ce dernier, en souriant, m’avait répondu « Être païen, c’est vivre. » En quelques mots simples, il avait résumé les religions païennes, alors que d’autres se disputent encore à en chercher des définitions rigoureuses et compliquées. Être païen, c’est vivre. Nous ne pouvons donc dissocier le culte de la vie en elle-même, contrairement aux chrétiens et autres monothéistes qui ont une vie religieuse, et une vie où la religion ne possède qu’une influence relative. La vie est le plus beau cadeau que les dieux nous ont offert et nous devons impérativement user de ce cadeau avec la plus grande sagesse, pour les dieux, mais surtout pour nous-mêmes. Tout ce qui est animé de vie est frère, que ces êtres soient humains, végétaux ou animaux. Nos possibilités ne sont, bien évidemment, pas les mêmes en fonction de la catégorie à laquelle nous appartenons, mais nous ne devons en aucun cas user de ce prétexte pour rabaisser une catégorie, quelle qu’elle soit, d’inférieure par rapport à une autre.
Tous les êtres vivants méritent la même part de respect, et de ce principe découle la vérité fondamentale qui est que le racisme ne peut pas fonctionner avec le paganisme. Si vous considérer qu’une catégorie vivante est inférieure à une autre, alors vous n’êtes pas païen. Si vous vous considérez raciste, vous ne pouvez être païen. Attention, quand j’utilise le mot « racisme », j’entends par là la superstition qu’il existe des races supérieures et inférieures aux autres, mais je n’ai jamais proféré l’idée qu’il n’existait pas différentes races humaines, ce qui serait absolument faux. Actuellement, les différentes races humaines se mélangent et tendent vers une race unique, mais nous n’y sommes pas encore arrivés et personne ne peut affirmer que cela arrivera un jour. Bref, tout cela pour dire que même s’il existe différentes races humaines, celles-ci méritent toutes autant de respect les unes que les autres. Racistes, passez votre chemin ! Notre religion ne peut pas vous accueillir…
Chaque être vivant mérite donc autant de respect qu’un autre, mais devons-nous pour autant devenir végétariens (comme je l’entends souvent) ? Non, cela ne suffirait pas car les végétaux sont égaux aux animaux. Pour respecter tout ce qui vient de la nature, il faudrait donc vivre sans se nourrir, sans se vêtir, ni même se déplacer. Nous arrivons donc à une absurdité et sommes obligés de revoir la notion de respect. Respecter signifie-t-il ne pas faire de mal ? Après étude de la question, la réponse qui s’offrit à moi fut celle-ci : non. Deux ennemis sur un champ de batailles sont capables d’éprouver du respect l’un pour l’autre, mais chacun tentera d’éliminer l’autre. Ce n’est pas par manque de respect qu’ils chercheront mutuellement à se nuire, c’est parce que la situation (ici la guerre) leurs dictera un code qu’ils seront contraint d’appliquer afin de survivre, ou au moins d’essayer. La survie est donc l’un des piliers fondamental de la nature, et il se retrouve chez toutes les espèces animales et végétales. Mais la survie d’un être implique forcément de nuire à d’autres, faut-il donc refuser de vivre pour ne pas nuire aux autres ? Certainement pas ! Sinon les dieux ne nous auraient pas offert la vie. Il nous faut donc accepter cette fatalité qui fait de nous des tueurs. Tuer pour vivre, cette rège est omniprésente. Certaines plantes secrètent des substances toxiques, tuant tout ce qui vit autour d’elle, afin d’être les seules à profiter de l’espace et de l’eau de pluie s’infiltrant dans cette zone. Les arbres empêchent les autres végétaux plus petits de pousser en les privant de lumière… Attention à ne pas faire de contresens fâcheux ; je ne préconise en aucun cas de tuer d’autres êtres humains pour vivre (sauf en cas de guerre, mais la question est alors différente), ce que j’essaye d’expliquer, c’est qu’il n’y a pas de raison de se sentir honteux de tuer des êtres pour se nourrir. Il faut néanmoins les respecter et les remercier de nous offrir leur chair et de nous alimenter.
L’importance de la vie aux yeux du païen explique également que le suicide soit mal vu par ce dernier. Mais il existe différents niveaux de suicides, et certains seront considérés comme légitimes. Nous avons un assez grand nombre d’exemples de ces « suicides légitimes » au cours de l’histoire, telle que l’amant(e) décidant de rejoindre sa défunte âme sœur, ou le guerrier refusant de se plier à l’ennemi vainqueur. Un simple chagrin d’amour, la perte d’un emploi ou encore le dégoût du monde actuel ne sont pas des arguments suffisant pour excuser un suicide. Le païen est un individu croquant la vie à pleines dents, et il ne doit en aucun cas baisser les bras face aux épreuves plus ou moins dures qui se succéderont au cours de sa vie. A toutes époques, dans les moments les plus difficiles, des païens ont réussi à trouver le sourire alors que des chrétiens auraient pleurés en se lamentant sur leur sort. Nous nous devons de perpétuer cet état d’esprit, et de trouver en chaque jour nouveau des raisons d’exister, d’être heureux. Personne n’est en droit d’accuser la vie, personne ne peut même oser prétendre que sa vie ne vaut pas la peine d’être vécue, ou alors cette personne n’est pas païenne.
Guþrif Olaff Guþrifson
Date de création : 12/05/2007 @ 19:38
Dernière modification : 12/05/2007 @ 19:38
Catégorie : Au quotidien
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