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Les traditions ont-elles disparu? Avant de répondre à cette question, il faut tout d'abord savoir ce que nous définissons par 'traditions'. Les traditions sont les anciennes religions antérieures aux grands monothéismes (Druidisme, Numinisme, Asatru, etc...) et par extension tout culte reconnu comme païen actuellement (c'est pourquoi la Wicca est considéré comme une tradition). Aucune tradition n'a jamais été totalement rayée par les autres religions, elles ont toutes laissé des traces dans la culture, l'histoire, 'l'inconscient collectif' des zones concernées. Cependant, la plupart d'entre-elles ont été localement ou temporairement interrompues, faute de croyants. Mais (en prenant l'exemple du christianisme) les moines ont souvent soigneusement transposé par écrit les mythes, les légendes, les observations sur les coutumes et pratiques religieuses des peuples convertis dans le but de rapprocher le christianisme de ces traditions (dont la plupart étaient orales). Ils assimilèrent donc les religions locales au christianisme, et sans le vouloir, ils contribuèrent à la préservation des choses même qu'ils essayaient de détruire... Avec la conversion aux grands monothéismes, les traditions sont entrés dans une longue période de sommeil, mais de tous temps des femmes et des hommes ont su les retrouver, les sortir de l'ombre, instinctivement ou sans s'en rendre compte. Ces traditions ont traversés les âges, ont 'hiberné' comme la nature en hiver, et aujourd'hui, elles vivent un printemps de mille couleurs, et les bourgeons renaissent enfin des branches, frais et vigoureux...
Une idée des paganismes Les paganismes sont des spiritualités inhérentes à l'homme. Le paganisme vient naturellement aux hommes et aux femmes préservés des pressions sociales issues du monothéisme. Les païens sont fiers, fiers de leur religion, fiers de ce qu'ils sont. Ils prient debout face aux Dieux, ils ne s'agenouillent ni ne s'allongent. Les païens aiment leurs Dieux comme l'on aime ses parents, et ils veulent que leurs Divinités soient fiers d'eux. C'est pourquoi ils ne se prosternent pas à terre.
De la DiversitéSacrée La diversité naturelle La Nature ne vit que grâce à la Diversité. Cette diversité est malheureusement menacée de nos jours par la destruction des écosystèmes. La Terre est riche de millions de créatures différentes, de milliards d'êtres humains, et tous les fruits de la Terre méritent le même amour et le même respect. Le respect de la Nature étant un fondement primordial de tous les paganismes, les Païens sont donc forcément écologistes. Il faut cependant savoir que l'écologie est un état d'esprit, une réflexion, une philosophie, un rapport à la nature et à autrui, et n'est en aucun cas rattachée à un parti politique. Les païens ne sont pas plus prédisposés au végétarisme que n'importe quelle autre population, et beaucoup d'entre eux sont des bons vivants qui aiment la bonne chère et la viande. Respecter un animal ne veut pas dire refuser de le manger, mais refuser que les animaux soient tués sans respect ni considération. Le païen considère le fait de manger un animal comme une marque de respect et de reconnaissance pour son sacrifice. Il en va de même pour les manteaux de fourrure, les païens considèrent comme odieux de tuer des animaux uniquement pour s'en vêtir à une époque où de formidables matériaux synthétiques permettent de se protéger du froid. Manger de la viande est vital, porter de la fourrure ne l'est pas.
La diversité humaine Si l'on veut classer les ethnies humaines en fonction de quelque échelle de valeur, nous offensons la Terre-Mère, car elle ne fait pas de préférence entre ses enfants. Renier une race d'animaux, renier une ethnie humaine, c'est renier l'un de ses frères, c'est renier la parentèle entre la Terre et les hommes. Les païens considèrent que chaque ethnie a été enfantée par la Terre-Mère, que chaque ethnie a sa place dans la création. Certains mouvements politiques extrémistes détournent et salissent la pensée païenne et ses symboles au nom de la primauté d'une race sur les autres, et montrent par-là même leur profonde ignorance. Ces groupes peuvent se prétendre païens, mais ne le sont pas et ne le seront jamais. Ils vivent dans une idéalisation du passé où ils pensent que l'immigration n'existait pas, fantasment des peuples aux origines uniques et pures. Bien entendu, rien de cela n'a existé, et les peuples qui ont pu se développer et prospérer sont ceux qui ont su échanger avec l'étranger, s'adapter et se mélanger à l'Autre. Le symbole viking du Marteau de Thor en est un exemple flagrant: abusé par nombre de neo-nazis et autres marcheurs au pas de l'oie, il est pourtant le symbole qu'arboraient des hommes qui étaient de formidables navigateurs, qui ont exporté leur savoir-faire jusqu'à l'actuelle Bagdad, qui ont commercé avec l'Arabie et se sont métissé avec les peuples locaux. On est loin des fantasmes douteux de suprématie raciale.
Les Lois de la Nature Le retour nécessaire de l'Homme vers la Nature peut se faire dans un premier temps par un biais intellectuel, avant de favoriser l'approche mystique qu'offre, entre autres, le chamanisme. La pensée païenne considère en général que se comporter tels des animaux est une façon saine et sage d'agir. Les animaux n'attaquent que pour se défendre, ne tuent que pour se nourrir. En tant que païens, nous considérons qu'il n'est jamais mal de se comporter comme des animaux, et que cela n'est en rien péjoratif et ne saurait l'être. Les pires atrocités que l'homme n'ait commis l'ont été précisément parce que les lois naturelles ont été bafouées. Si les hommes prenaient le temps de réfléchir à leur comportement et d'imiter les animaux, nous ne connaîtrions pas les génocides, les guerres de religion, les meurtres gratuits, et foule d'autres horreurs. Plutôt que de dénigrer l'intelligence animale, le païen cherche à la comprendre et à l'imiter, considérant que c'est la meilleure façon d'agir et de réagir.
Paganisme et clan Les Païens du passé accordaient une grande importance à leur famille et à leur clan. Les païens actuels tentent de retrouver cette atmosphère de convivialité, d'amour, d'amitié et de confiance dans leurs groupes. Par ' Famille ', nous entendons aussi bien ' Parents ' qu' ' Amis '.
Le respect d'autrui Les paganismes considèrent souvent que chaque chose a une contrepartie: toute chose a son inverse, et ces deux inverses sont indissociables. Dans la pensée païenne, le bien et le mal, le noir et le blanc, le haut et le bas, rien ne fonctionne sans son opposé. La mort crée la vie, et la vie crée la mort. Il en va de même pour les relations humaines. Il ne faut pas s'attendre à être respecté par quelqu'un que l'on ne respecte pas soi-même, l'on ne sera pas aimé si l'on n'aime pas en retour. Cette réciprocité des choses est fondamentale dans le rapport qu'il convient d'avoir envers autrui. De la même façon, l'on ne doit pas se laisser marcher dessus, et si l'on ne se respecte pas soi-même, les autres ne peuvent pas nous respecter.
Le bien et le mal Certains païens pensent que le bien et le mal existent, mais qu'ils sont indissociables, et c'est pour cette raison qu'ils rejettent toute thèse manichéiste. Chaque être, chaque chose possède une part de bien et une part de mal, et les hommes doivent trouver un juste équilibre pour être sains d'esprit, mais ne doivent en aucun cas tenter d'abolir le bien ou le mal de leurs esprits. Ils doivent apprendre à vivre avec pour savoir les maîtriser. Cet équilibre se retrouve dans la nature, et la terre l'incarne parfaitement. Nous l'appelons plus communément "Vertébralisme des Choses". D'autres courants de la pensée païenne nient catégoriquement l'idée de bien et de mal, et y substituent les termes d'Ordre (immobilité) et de Chaos (mobilité) s'opposant l'un à l'autre. Un excès d'Ordre mène à la sclérose, et un excès de Chaos empêche toute stabilité. C'est donc quelque part entre l'Ordre et le Chaos que l'évolution est possible, en conservant certaines choses et en détruisant ou améliorant les autres. Mais le Chaos, encore une fois, n'est pas intrinsèquement mauvais, il doit juste être correctement contrebalancé. On rejoint ici l'idée de mort créant la vie et de vie créant la mort.
Nos responsabilités Paganisme et violence Il est vrai que nos ancêtres furent de fiers guerriers. N'en est-il pas ainsi pour tous les peuples? Il faut bien évidemment prendre en compte qu'au temps où les monothéismes n'existaient pas, la vie humaine n'avait pas la même valeur qu'aujourd'hui. Mais nos ancêtres n'en étaient pas moins des gens charitable et capables d'amour. Les moeurs étaient différentes, tout simplement, et cette époque les prouesses guerrières étaient mises en avant par une société qui n'avait pas atteint des niveaux de culture et de liberté suffisants pour rejeter la violence individuelle. De nos jours, les sociétés occidentales reprouvent la violence des individus et réservent le droit à la violence exclusivement aux états et aux institutions légales. Nous ne devons pas, au nom d'un passéisme obtus, prolonger des traditions guerrières qui n'ont plus lieu d'être. Ou plutôt, ces traditions martiales doivent continuer à être au titre de sport ou d'artisanat, mais plus au nom de la violence pure. Nos sociétés ont évolué, et les paganismes sont des cultures orales qui évoluent avec le temps.
Paganisme et absence de dogmes Les paganismes sont des spiritualités mouvantes, sans notion de péché, de repentir, de grâce et de damnation. Le païen vit en accord avec ses principes, des principes qu'il a forgé pour lui-même en s'inspirant des modèles qui lui offrent ses dieux. Le païen est conscient que son éthique vaut avant tout pour lui-même, et il respecte assez son prochain pour le laisser décider de ce qui est bon pour lui ou non. Ainsi, le prosélytisme n'est pas considéré par les païens comme une preuve de dévouement et de piété, mais comme une aberration. Notre responsabilité de païens est de montrer que nos religions sont mouvantes et non figées dans la pierre. Nos traditions vivent dans nos sociétés, pas en marge ni au-dessus d'elles. Nos traditions sont intemporelles bien qu'elles changent à chaque âge de l'humanité, elles s'adaptent comme l'eau des rivières qui prend toujours la forme de son lit.
Paganisme et christianisme De nombreux païens ressentent une rancune, plus ou moins vive, envers les chrétiens. Il est vrai que le christianisme a éradiqué la grande majorité des traditions païennes, par la force, la corruption, la pression politique et quantité d'autres moyens. Des milliers de païens qui refusaient la conversion ont été passés au fil de l'épée, par des hommes qui sont devenus des héros historiques, tels que Charlemagne. Mais il nous appartient, en tant que païens éclairés et tolérants, de ne pas tout assimiler. Les païens d'obédience celtique ne sont plus les Gaulois, et les païens nordiques ne sont plus les Vikings. Et les chrétiens contemporains ne sont pas ceux qui brûlaient des sorcières et damnaient à tour de bras. Certes, ils se revendiquent d'une Eglise qui a du sang sur les mains, depuis les croisades jusqu'au soutien sans faille que le Vatican offrit au 3è Reich, le catalogue des horreurs perpétrées par ceux qui prétendent oeuvrer au nom de l'Amour est sans fin. Mais deux choix s'offrent à nous: soit nous montrer aussi stupides et rancuniers que ceux que nous dénigrons, soit aller au-delà de ces rancoeurs et se montrer constructifs, spirituels, évolués. La loi du talion est certes séduisante, mais nous risquons de rapidement nous retrouver aveugles et édentés. Un raisonnement plus constructif est de prendre acte de la fondamentale dichotomie des actes d'Amour ou présentés comme tels. A partir de là, ne prétendons pas à notre tour agir par amour, mais au nom de lois bien plus vieilles, qui sont les lois naturelles. Oeuvrons pour nous protéger, attaquons uniquement pour nous défendre, comme le font les animaux, au lieu d'obéir à des lois erronées issues de livres que nous savons écrits par des hommes qui ont ensuite prétendu que c'était leur dieu qui les avait dictés.
Allfadirson
Date de création : 07/09/2006 @ 11:32
Dernière modification : 11/09/2006 @ 12:55
Catégorie : Au quotidien
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